Les thérapies ciblées, pour quoi faire ?
Les thérapies ciblées constituent une famille complémentaire de traitement qui permet de stopper la multiplication des cellules cancéreuses.
Une approche de précision
Contrairement à la chimiothérapie qui agit sur toutes les cellules à division rapide, ces traitements visent des protéines bien précises, présentes uniquement dans les cellules cancéreuses.
Concrètement, ces protéines jouent un rôle dans la prolifération de la tumeur. En les bloquant, on freine la progression de la maladie.
Les principales cibles :
- HER2 : favorise la multiplication de certaines cellules cancéreuses.
- VEGF : stimule la formation de vaisseaux sanguins qui nourrissent la tumeur.
- MTOR : impliquée dans la croissance et la division cellulaire.
- CDK 4/6 : régule le cycle de division des cellules.
Selon les caractéristiques de votre cancer, votre médecin vous proposera le traitement le mieux adapté.
La thérapie ciblée anti-HER2, c’est pour qui ?
Cette thérapie s’adresse aux personnes dont les cellules cancéreuses sur-expriment la protéine HER2. Dans ce cas, on parle de cancer « HER2 positif » (HER2+).
Environ une personne sur cinq est concernée par ce profil. Cette information figure dans les résultats de votre biopsie ou de l’analyse de votre tumeur après la chirurgie.
Si c’est votre cas, sachez que cette thérapie a été développée spécifiquement pour agir sur ce type de cancer.
Comment est-elle administrée ?
La thérapie ciblée anti-HER2 peut être administrée de plusieurs façons :
Par perfusion intraveineuse.
Les médicaments utilisés :
Trastuzumab, trastuzumab-emtansine, pertuzumab.
Par injection sous-cutanée.
Après la phase de chimiothérapie, le trastuzumab peut être administré par injection sous la peau. C’est plus rapide qu’une perfusion.
Par voie orale.
Le lapatinib se prend sous forme de comprimés.
Après la chirurgie : le protocole adjuvant
Dans cette situation, le traitement vise à prévenir une récidive. Il débute en même temps que la chimiothérapie, puis se poursuit seul une fois celle-ci terminée.
Durée totale : 12 mois (soit 15 injections espacées de 3 semaines).
Pendant la chimiothérapie
Vous recevez le traitement en hôpital de jour, par perfusion. Vous rentrez chez vous le jour même.
Après la chimiothérapie
Le traitement continue, mais peut être administré par injection sous-cutanée. Une surveillance de 30 minutes suit chaque injection.
Précision importante : lors de la première injection, vous restez environ 6 heures sous surveillance pour détecter d’éventuelles réactions allergiques. C’est une précaution standard. Les injections suivantes sont beaucoup plus courtes.
En cas de métastases.
Le protocole diffère selon votre situation. Votre oncologue adapte le traitement à votre cas. La durée est généralement plus longue, parfois jusqu’à l’évolution de la maladie ou jusqu’à ce que le traitement ne soit plus efficace.
Ce que vous pouvez ressentir.
Les thérapies ciblées sont généralement bien tolérées. Elles ne sont pas douloureuses. Certains effets peuvent néanmoins apparaître :
Douleurs articulaires.
Elles touchent parfois les mains, les genoux ou les hanches. Des antalgiques peuvent les soulager.
Fatigue.
Une fatigue modérée peut survenir. Écoutez votre corps, adaptez votre rythme sans culpabiliser.
Troubles digestifs.
Nausées, diarrhées (surtout avec le lapatinib). Des traitements existent pour les limiter.
Réactions cutanées.
Éruptions, sécheresse de la peau (principalement avec le lapatinib).
Tous ces effets ne sont pas systématiques. S’ils surviennent, des solutions existent pour les atténuer.
Le suivi cardiaque : pourquoi et comment ?
Les thérapies anti-HER2 nécessitent une surveillance régulière du cœur, en général tous les 3 mois. Ce suivi n’est pas anodin, il a une raison précise.
Pourquoi ?
Ces traitements peuvent parfois affecter la fonction cardiaque, en diminuant la force de contraction du cœur. C’est rare, mais ça demande une vigilance.
Comment ça se passe ?
Vous passez régulièrement une échographie cardiaque ou une scintigraphie. Ces examens vérifient que tout fonctionne normalement.
Et si un problème est détecté ?
Le traitement peut être suspendu temporairement ou arrêté. Dans la plupart des cas, la fonction cardiaque se rétablit après l’arrêt.
Cette surveillance permet de prévenir toute complication avant qu’elle ne devienne sérieuse. Elle fait partie intégrante du protocole, pas une inquiétude supplémentaire à porter.
Des questions ? Une inquiétude ?
Une réaction vous préoccupe ? Un effet secondaire vous inquiète ? Contactez votre coordinatrice de parcours. Elle est là pour vous accompagner, répondre à vos interrogations et vous orienter à chaque étape. N’attendez pas pour signaler ce qui vous préoccupe.